Renée, en elle

Cécile Guivarch

 

Éditions Henry

ISBN : 978-2-36469-097-4

Janvier 2015

64 pages

10 €

 

 

 

Avec pour dédicace à ce livre, «  À nos aïeules, à Renée » Cécile Guivarch poursuit ses investigations dans son histoire familiale. Après avoir revisité un pan de son enfance avec « La petite qu’ils disaient » ou « Planche en bois » et  tiré les fils de l’histoire des grands-parents et arrières grands-parents, l’auteur fait une plongée dans des registres généalogiques pour y découvrir une aïeule plus éloignée encore, au destin singulier et tragique.

 

Le livre, d’où exhale une belle humanité,  est écrit sous l’emprise d’une vive empathie de l’auteur pour Renée, cette aïeule oubliée. Et le titre elliptique  Renée  en elle n’usurpe pas son sens car Cécile Guivarch s’investit dans Renée jusqu’à souligner des similarités dans leurs existences. Elle explore au plus près les circonvolutions de la vie de son aïeule, de celles que menaient des petites gens du début du XIXe siècle en Bretagne. Le livre écrit avec une suite de courtes proses investigue des épisodes de la vie de Renée pour nous donner ce récit poétique en quête d’une genèse personnelle. Cette vie  réinvestie par Cécile Guivarch est établie à partir de documents généalogiques et de faits réels. Une évocation poétique que la sensibilité de l’auteur, son désir de restituer les sources d’une histoire familiale et son empathie pour Renée rendent réaliste et touchante.

 

Dans une des premières proses du livre un grand nombre de couleurs est employé pour décrire une possible vie de Renée. Sont-elles celles d’un arc-en-ciel qui surgirait entre les soleils et les pluies d’une existence ou celles de la décomposition des bleus qu’inflige la vie ?

 

« Est-ce qu’il y a eu d’autres couleurs que le gris de ses yeux, le bleu de ceux de ses enfants, la blondeur de leurs têtes ? Sans doute y a-t-il eu du sang, rouge et épais. Peut-être y a-t-il eu du blanc aussi, celui dans lequel on repose les morts sur la table… »

 

Le livre apportera des réponses au fil des pages et des épisodes funestes qui parsèment l’existence de Renée.

 

Dans sa démarche d’écriture, Cécile Guivarch s’approche si près de son aïeule dans une espèce d’identification qu’à un moment, elle semble même habitée par Renée :

 

« elle a ses secrets, ses imperfections que je ressens maintenant vibrant dans l’ensemble de mon corps » 

 

Le texte dévoile par monceaux la triste destinée de cette femme. Le lecteur la découvre avec ses petites joies et son plein de misère. La maladie, la faim, les conditions difficiles pour vivre et travailler, la prison… par épisodes se succèdent. Cécile Guivarch en est bouleversée :

 

« Cela me prend aux tripes ».

 

Et dans sa quête elle trouve même des points communs avec son aïeule : une amie morte, un renard enterré, un bol de terre semblable… Il y a dans sa démarche d’écriture une volonté d’approcher au plus près Renée comme pour mieux la comprendre et lui rendre justice que la vie ne lui a pas rendu :

 

 « Renée, cette nuit je l’ai prise dans mes bras, elle sanglotait comme un petit enfant »

 

Mais au-delà de Renée, c’est la vie des femmes de l’époque dont il est aussi question et la misère qui souvent l’accompagne. Et l’auteur, en filigrane, les place dans la lumière de son texte.

 

Quelle est la part du réel et de l’imagination dans le livre ? Qu’importe au fond, car Renée nous touche. Elle est une femme en prise avec sa responsabilité de mère et un être détruit par la misère, l’injustice dont elle est l’objet et le chagrin d’avoir perdu des enfants.

 

La mort, l’oubli, la misère hantent les pages de ce livre mais les mots de Cécile Guivarch en réinvestissant la mémoire de son aïeule sont le meilleur des remèdes pour rendre une dignité à Renée. L’écriture détient ce pouvoir-là, celui de cautériser les plaies qui traversent des générations de familles et des êtres.

 

Et pour reprendre les mots de l’auteur dans son livre « Planche en bois » :

 

« N’en finit plus de tourner s’enfoncer le fil de ton histoire. Une enfant penchée à la fenêtre ne voit-elle jamais ce qui se dissimule tout au bout. »

 

Alors Cécile Guivarch, comme l’enfant qu’elle fut, continue à suivre les fils qui constituent la trame de son canevas familial pour rechercher au bout tout ce qu’il dissimule.

 

Hervé Martin

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Avec Véronique Arnault lors de la lecture de Métamorphose du chemin à la galerie Bansard. 15/11/2014
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Lecture Galerie Bansard le 15/11/2014
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27 mars 2011 - Chateau de Coubertin
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Lecture dans la réserve - 2 oct 2011 -Lydia Padellec & Hervé Martin
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