La beauté c'est autre chose !

 

Les images nous inondent. Progressivement, elles imposent leur langage – imprécis – qui peu à peu se substitue au langage inestimable des mots. De fait, elles nous entraînent, si nous n’y prenons garde, vers une acculturation dont il faut nous défendre. Certaines de ces images n’existent que pour influer sur nos comportements de consommateurs, que des commerciaux et des publicitaires vérifient dans leurs chiffres de ventes. Mais ne nous y trompons pas. Ces appeaux nous conduisent vers un lieu de l’uniformité et de la confusion. Cette iconographie prétentieuse, prétend nous montrer la beauté. Elles n’ont qu’un but : attirer et rassembler pour vendre. Lieu inégalé du sens commun, ce langage nous parque en des lieux rassemblés, comme le sont en batterie les animaux avant leur consommation. Ces images formatées innervent le désir dans le seul but de vendre. Le langage qu’elles créent ainsi, univoque, est une véritable « iconomie » de l’image. Il asservit l’image au seul profit financier, au détriment d’un patrimoine culturel et cognitif du peuple des humains. Il défait la beauté. Car la beauté, c’est autre chose que ces corps lissés, sveltes, ces couleurs de peaux tannées dans des ocres artificiels. Autre chose que ces hommes et ces femmes sculptés, ces muscles découpés, ces peaux luisantes, huilées, glacées comme seraient des miroirs où refléteraient nos angoisses. La beauté, c’est autre chose ! Autre chose que ces poses, ces cambrures imposées à ces corps, ces allures de faux sur les murs de la ville, le papier au kilo… Autre chose encore que ces sourires ambigus au désir béant, que ces visages figés dans des stéréotypes qui dévisagent de froideur. Corps dessinés. Corps défaits. Corps retouchés dans une imagerie de la publicité donnant à voir non la réalité d’un monde, mais sa mystification. Celle d’un monde déformé à la forge d’une industrie de la vente et des profits. Une supercherie gigantesque. Les images sur les murs, sur les placards publicitaires des villes, le long des routes, sur les flancs des autobus, les bâches des camions ou le derrière des cars, sont nos nouvelles icônes. Et comme certains produits qu’elles vantent, elles lavent et délavent nos cerveaux de leur rationalité balbutiante. Elles travestissent. Elles usurpent l’apparence de la réalité pour un univers onirique et virtuel vers lequel elles nous précipitent et nous cognent. Et les êtres - humains-consommateurs - que nous sommes devenus cherchent en vain ce bonheur magnifié - utopique - qui nous est désigné. La beauté c’est autre chose qu’un corps esthétiquement dessiné. Car le corps vit d’abord ! Et comme tel il se meut dans l’espace et le temps. Et ainsi qu’il se doit, brûlant son énergie en sa jouissance il vit. Il use ses cellules, vieillit. Et ce rêve, cette invraisemblance d’un corps vivant dans un « jeunisme » omnipotent, je ne le souhaite pas. Et mon temps présent, je le veux ressentir. Car la beauté, c’est autre chose qu’une jeunesse à jamais préservée. Autre chose que cette norme, ces canons qui feraient de la beauté un référent, un principe immuable. La beauté contre toutes normes. Une beauté sans norme, qui ne niche pas seulement dans la représentation de ce qui serait uniquement astreint à l’apparence matérielle, physique, énumérable dans ses critères et ses signes. La beauté de ce que nous voyons se love dans un tout. Un ensemble cohérent. De là elle sourd, rejaillit entièrement sur ce tout dont elle émane vive. Et d’où naissent l’émotion, la joie, ce frémissement du corps. Qui n’a vu la beauté soudain surgir du quotidien ? Regards d’enfants ; sourires francs ; gestes sincères ; allures offertes ; surprises ! Grâce rendue à celui qui sait voir la beauté partagée simplement de ce monde. La beauté se love dans ce trop peu ou ce juste un peu trop. Dans cette hésitation, cette pudeur de soi ou cet excès de don. Dans ce déséquilibre maladroit, involontaire ou malhabile. Ce don et cet oubli de soi… Oui, la beauté dans un oubli de soi, où celui qui sait voir cueille ici l’or du monde. La beauté, c’est autre chose que des poncifs froids. La beauté çà peut être un regard posé là où nul n’a jamais mis les yeux. La beauté par notre regard, libre dans sa quête de voir vrai, sa quête singulière de vue, de vie. N’aimons pas nécessairement ce que l’on nous désigne comme beau et tant qu’il est possible aimons ce qui nous est sensible et trouvons en cela, ce qui nous fait frémir.

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Avec Véronique Arnault lors de la lecture de Métamorphose du chemin à la galerie Bansard. 15/11/2014
Avec Véronique Arnault lors de la lecture de Métamorphose du chemin à la galerie Bansard. 15/11/2014
Lecture Galerie Bansard le 15/11/2014
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27 mars 2011 - Chateau de Coubertin
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Lecture dans la réserve - 2 oct 2011 -Lydia Padellec & Hervé Martin
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